4ème forum côtier et marin ouest-africain: Les acteurs de plain-pied dans les débats

18 February 2009 | News story
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Le premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, a procédé ce mardi 17 février 2009 à l’ouverture officielle des travaux du 4ème Forum côtier et marin ouest-africain. Devant une assemblée d’environ 150  personnes, pour la plupart des acteurs de la société civile impliqués dans la gestion des ressources du littoral ouest-africain, le premier ministre a inventorié les actions en faveur de la protection de l’environnement en Guinée-Bissau. Il a particulièrement exhorté les participants à fédérer leurs efforts face aux défis communs qui, selon lui,  méritent d’être affrontés solidairement. Cela vaut également pour les stratégies de recherche de financement du développement durable dans un contexte de mondialisation marqué par les changements climatiques, la dégradation de la couche d’ozone, le commerce transfrontalier de produits toxiques. Autant de situations qui non seulement affectent négativement la santé humaine et les écosystèmes mais compromettent les efforts de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, a poursuivi le premier ministre.

Peu avant, le secrétaire d’Etat à l’Environnement, M. Barros Bocar Banjai, le président du Forum, Arthur Silva, et le président du Comité de pilotage se sont succédés à la tribune pour faire le même plaidoyer en faveur d’une gestion plus responsable et durable du patrimoine côtier ouest-africain.

Au chapitre des communications, l’assistance a eu l’opportunité d’en savoir un peu plus sur la gouvernance et la coordination du PRCM ainsi que sur le contenu et le bilan d’activités des trois composantes du  Programme. Ci-contre, la substance de ces différents bilans :

Gouvernance et coordination

Composante conservation

Composante gestion des pêches,

Composante gestion intégrée


THEMATIQUES / DEBATS

Au cours des débats de la première journée du Forum, il a été beaucoup question de  pêche et de changements climatiques. Les participants ont marqué un égal intérêt pour ces deux thématiques qui sont en effet d’une grande acuité dans le contexte environnemental ouest-africain.

La pêche
Pour l’essentiel, il ressort de la communication présentée de M. Aboubacar Sidibé de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) que certaines espèces sont en voie d’extinction et ceci, à un rythme inquiétant. Il a encouragé les responsables du secteur à opter pour une gestion intégrée de la pêche et à définir la meilleure forme d’exploitation et de valorisation des ressources halieutiques de la sous-région. Par ailleurs, les mutations subies par la pêche depuis 1950 à ce jour sont assez révélatrices du phénomène de surcapacité auquel est aujourd’hui confronté le secteur. Là-dessus, la réflexion mérite d’être approfondie et les organisations professionnelles estiment avoir leur mot à dire. Mais, déjà des approches de solutions ont émergé au cours des échanges plaidant, entre autres, un ajustement ou un redéploiement des capacités, une plus grande responsabilisation des acteurs et l’accès aux financements indispensables pour mener à bien les réformes initiées par les Etats dans ce domaine.

L’autre sujet ayant polarisé l’attention des participants se rapporte aux Aires marines protégées (AMP). Plus exactement et de façon quasi récurrente, des voix se sont élevées pour s’interroger sur la pertinence d’une multiplicité d’AMP. Doit-on continuer à en créer tous azimuts alors que celles qui existent fonctionnent à peine et n’ont pas encore une véritable garantie de durabilité ? Visiblement, le débat reste ouvert même si d’aucuns font remarquer qu’en matière de conservation, l’Afrique de l’Ouest est en retard avec seulement 1% d’espaces protégés. Selon un autre son de cloche, il est possible d’exploiter les ressources protégées avec toutefois cette exigence de le faire de façon durable.

Les changements climatiques
A propos des changements climatiques, Dr Isabelle Niang de l’UNESCO/BREDA qui a développé cette thématique dira d’emblée que nous sommes en présence d’un phénomène actuel et non d’une menace sur le long terme. Le message est clair : l’on assistera dans un proche avenir – si ce n’est déjà le cas - à une accélération d’un certain nombre de processus tels que la fonte des glaciers et le réchauffement des eaux océaniques.

De cette communication, l’on retiendra la forte corrélation entre les changements climatiques et l’élévation du niveau marin. Les conséquences sur l’environnement sont prévisibles (érosion côtière, inondation des aux basses, salinisation des eaux) tandis qu’il est à craindre également des impacts au plan socio-économique en termes de déplacement de populations à risque, de pertes économiques (infrastructures) et autres changements liés à la température, aux vents et aux précipitations. En somme, tout porte à croire que la situation économique pourrait devenir davantage précaire pour tous ces pays qui tirent grand profit de l’exploitation de leur espace côtier.

Que faire donc?

Face à des prévisions aussi alarmistes, que faire donc ? De l’avis de Dr Isabelle Niang, il y a lieu de faire des choix, mais des choix responsables en ayant présent à l’esprit que ceux-ci seront déterminants pour le futur. Au nombre des solutions envisageables, se trouvent la planification, l’aménagement, la communication et la sensibilisation tous azimuts. En effet, l’impact sur la postérité est tel qu’il faudra planifier et c’est en cela que les parlementaires ouest-africains ont été appelés à jouer leur partition après les scientifiques qui assument déjà leur part de responsabilité en tirant la sonnette d’alarme.

Enfin, l’exposé a été assorti de quelques recommandations qui exhortent les décideurs à :
 
- renforcer les réseaux d’observation et d’alerte ;
- doter les villes côtières de plans directeurs d’aménagement ;
- développer des politiques intégrées des zones côtières ;
- faire de la sensibilisation en direction de tous les groupes sociaux incluant pauvres et riches.
 


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Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale