L’utilisation des terres dans l’agriculture et la conservation : conflit ou opportunité de gains mutuels ?

03 April 2014 | Article

Le Plan d’action de renforcement des capacités du Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) pour l’Afrique orientale et australe est axé sur la résolution des conflits dans l’utilisation des terres et des ressources, dans et autour des aires protégées, et met particulièrement l’accent sur la collaboration avec d’autres secteurs comme l’agriculture, les industries extractives et la pêche. Après le succès initial du dialogue intersectoriel sur l’utilisation potentielle des terres et des ressources entre les industries extractives et le Patrimoine mondial, le BIOPAMA s’intéresse à un autre secteur important – l’agriculture – potentiellement en conflit avec les aires protégées et la conservation de la biodiversité en Afrique.

Pour trouver des solutions durables à long terme pour garantir la sécurité alimentaire et la conservation de la biodiversité, nous avons besoin de politiques qui demandent aux secteurs de la conservation et de l’agriculture de collaborer et de trouver des solutions communes. Il existe des grands projets pour des « couloirs de croissance agricole » sur tout le continent. Ces couloirs de développement sont destinés à améliorer la sécurité alimentaire, mais doivent également prendre en compte la biodiversité afin d’être durables, au vu de leur dépendance sur des écosystèmes fonctionnels et des services écosystémiques. L’agriculture et la conservation y gagneraient donc mutuellement si elles travaillaient ensemble avec les communautés rurales, afin d’offrir un futur basé sur la planification intégrée garantissant la sécurité alimentaire.

Le premier engagement BIOPAMA dans ce dialogue intersectoriel aura lieu lors d’un atelier soutenu par BirdLife, avec la rédaction d’un protocole d’entente pour d’autres actions communes.

Le BIOPAMA contribuera à un atelier régional sur l’empoisonnement agro-chimique et la conservation des oiseaux planeurs le long de la vallée du Rift/voie migratoire de la Mer rouge (10-12 avril 2014, Addis-Abeba, Ethiopie), en abordant la question de l’utilisation des ressources terrestres dans le contexte de l’approche intersectorielle agriculture-conservation. Le BIOPAMA soutiendra les ministères de l’Agriculture des pays de la Corne de l’Afrique (Djibouti, Éthiopie et Soudan) pour qu’ils participent à ce dialogue. Cet atelier vise à faire prendre conscience de l’impact des activités agricoles sur la voie migratoire, et cherche à engager et faire contribuer les parties prenantes pour intégrer la conservation des oiseaux planeurs migrateurs dans le secteur agricole dans les pays visés.

La collaboration entre l’UICN et BirdLife sur la conservation intersectorielle se développera grâce à la signature d’un protocole d’entente sur le renforcement des capacités pour les processus de dialogue, et à l’élaboration de lignes directrices sur les bonnes pratiques pour la Corne de l’Afrique.

La prochaine étape du plan de renforcement des capacités du BIOPAMA pour l’Afrique australe et orientale sera le début d’un processus de collaboration similaire avec la Communauté pour le développement de l’Afrique australe, dont la zone stratégique du Plan d’action régional pour la biodiversité se focalise sur la biodiversité, avec notamment le développement de projets dans divers secteurs.


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale