Évaluation de la biodiversité Méditerranéenne - Étape II

02 February 2012 | Project description

Combler les lacunes en matière de connaissances dans la région méditerranéenne

Contexte
La perte de biodiversité, sur laquelle dépend tant de vies humaines, est l'une des crises les plus pressantes du monde. Les causes de la perte de biodiversité sont complexes et nécessitent des solutions impliquant plusieurs groupes, depuis les gouvernements jusqu’à la société civile. Pourtant, sans une information fiable et à jour sur l'état et les tendances de la biodiversité, la possibilité de freiner cette crise d’extinction diminue énormément. Une action efficace va dépendre, à la fois, du suivi rapide et régulier de la situation des espèces sauvages végétales et animales ainsi que de l'évaluation de l’impact des activités humaines.

La région méditerranéenne est reconnue comme un haut lieu mondial de biodiversité, tant dans le milieu terrestre que dans le milieu marin, et cela parce qu'elle est soumise à un changement anthropique rapide. En particulier, et à la suite des premiers résultats de l'évaluation de la biodiversité méditerranéenne, il est apparu évident qu'il existe des lacunes importantes en ce qui concerne le manque de connaissances régionales sur l'état des espèces de plantes et d'invertébrés, lesquelles représentent une grande partie de la biodiversité méditerranéenne. De plus, cette évaluation a révélé que les rivières et les zones humides comptent parmis les écosystèmes les plus menacés de la région méditerranéenne.

Action: Mesures à prendre
Pour bien évaluer l'état des espèces et par conséquent la biodiversité dans le long terme, il est indispensable d'avoir des bases de référence crédibles pour certains groupes d'espèces. Ces bases de référence ne peuvent être déterminées que par le recueil intensif de données, le suivi et l'analyse, au travers desquels les changements de statut et les tendances peuvent être mesurées. L'absence de ces indicateurs ou de ces indices mesurables jusqu'à présent se traduit par un manque d'informations essentielles, telles que l'état général de la biodiversité méditerranéenne, l'importance relative des différents types de menaces, le degré de mise en œuvre des mesures de conservation spécifiques pour protéger les espèces menacées, les changements dans les taux globaux d´extinction des espèces, et l'étendu de l'information suffisante disponible sur les espèces afin de déterminer leur état de conservation.
L'idée de l'initiative de la Liste Rouge est de fournir des renseignements fiables sur l'état de la biodiversité existante afin de soutenir le travail des organismes de conservation, les agences d'aide au développement, les scientifiques, les aménagistes du territoire, les décideurs politiques et autres. Les données de la Liste Rouge sont principalement utilisées comme indicateur de l'évolution de la biodiversité au niveau des espèces, mais peuvent aussi être extrapolées et servir en tant qu´indicateur des tendances à l'échelle habitat / écosystème.

Le rôle de l'UICN
L'UICN, à travers sa Commission de la Sauvegarde des Espèces (CSE), produit la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN™. La CSE est un réseau mondial de 8000 experts et la Liste Rouge est le résultat de la coopération et de la collaboration avec de nombreux scientifiques et organismes de conservation nationaux et internationaux. La Liste Rouge de l'UICN repose sur l'application d'un ensemble de critères scientifiques et quantitatifs pour les espèces individuelles, et est largement reconnue par les gouvernements et les organisations non gouvernementales comme la liste mondiale de référence pour les espèces menacées d'extinction. À la requête de ses membres, l'UICN a également établi des lignes directrices afin d'appliquer les catégories et critères de la Liste Rouge à l'échelle régionale, en fournissant un outil qui peut être utilisé au niveau méditerranéen.

Principales activités prévues pour la Liste rouge :

a) Contacter les experts

L’UICN compte sur la participation de groupes de spécialistes actifs et de groupes de travail pour certains des groupes taxonomiques à évaluer, et dans d'autres cas, le coordinateur devra contacter des experts compétents pour fournir les données requises. Cette première tâche va non seulement renforcer le réseau d'experts de l'UICN en Méditerranée, mais permettra également de renforcer l'expertise disponible à l'avenir et servira à renforcer les capacités et les contacts entre les réseaux d'experts.

b) Compilation préliminaire des évaluations

Des consultants experts (au sein et en dehors de l'UICN) réaliseront le premier recueil de données pour chaque espèce en se basant sur les publications scientifiques existantes et les connaissances d'experts. Une évaluation de l'état initial est effectuée sur la base des Catégories et Critères de la Liste Rouge de l'UICN de 2001 ainsi que des Lignes Directrices pour l'Application des Critères pour la Liste Rouge à un Niveau Régional de l’UICN de 2003. Cette information va être utilisée pour réaliser des ateliers d'évaluation.

c) Ateliers d'experts

L'UICN organisera un atelier dans un pays méditerranéen pour chacun des groupes d'espèces d'invertébrés à évaluer (papillons, coléoptères et les espèces Anthozoaires). Les groupes les plus importants, tel que celui des espèces végétales, exigeront plusieurs ateliers (3 ateliers).

d) Recueil final des évaluations

Une fois que l'atelier a eu lieu, le coordinateur du projet examinera les données émanant de ce dernier et ajustera les évaluations et l'information quand cela est nécessaire et justifié. Les évaluations seront également vérifiées du point de vue de leur consistance afin d'assurer une utilisation cohérente des catégories et des critères. L'information sera alors envoyée une dernière fois aux experts qui ont participé à l'atelier pour leurs commentaires et révision.

e) Achèvement de l’ensemble de données

Une fois l'évaluation finale complétée, le coordinateur devra finaliser l'ensemble des données et des informations associées et devra le soumettre à l'Unité de la Liste Rouge de l'UICN pour son approbation. Il sera ensuite publié sur le site de la Liste Rouge de l'UICN. D'autres analyses des données et du matériel de communication seront alors créés et diffusées.

Les principales activités prévues pour l'identification des Zones Clés de la Biodiversité d'Eau Douce (ZCB) comprennent:
La méthodologie est basée sur la biodiversité, par conséquent, toutes les recommandations faites exigeront une plus grande intégration avec d'autres considérations, comme les examens économiques et sociaux par les responsables d'eau douce et les décideurs. Ainsi le processus d'identification des ZCB comporte deux étapes principales: une première étape de recueil de données, application des seuils et identification des ZCB potentiels d'eau douce, et une deuxième étape pour préciser la liste des ZCB potentiels en fonction des autres facteurs (sociaux, etc.).

Résultats
Les résultats spécifiques du projet sont les suivants:
• Etat de conservation de 1.500 espèces végétales prioritaires évaluées
• Etat de conservation de 400 papillons méditerranéens évalués
• Etat de conservation des coléoptères saproxyliques 400-500 méditerranéens évalués
• Etat de conservation de 70 à 80 bousiers méditerranéens évalués
• Etat de conservation de ca. 200 espèces méditerranéennes Anthozoaire évalués
• Zones Clés d'Eau Douce (ZCB) dans la région méditerranéenne identifiée
• Les priorités définies et les projets pilotes basés sur le site des ZCB identifiés pour la région méditerranéenne
• Mettre l'information à disposition des décideurs et des parties prenantes

Les partenaires du projet / donateurs
Le projet sera coordonné par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l'UICN (Malaga, Espagne) et le Bureau Régional de l'UICN pour la Pan-Europe, travaillant en étroite collaboration avec le Programme Mondial des Espèces de l'UICN (unités de programme à Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni) et la Commission de sauvegarde des espèces de l'UICN.

Le soutien financier est fourni par la Fondation MAVA, le gouvernement régional de la Junta de Andalucía, l'Organismo Autónomo de Parques Nacionales, le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et Environnement de l'Espagne et l'Agence espagnole de Coopération Internationale au Développement (AECID)

 

Durée:
Du mois d'Avril 2011 au mois d'Avril 2015 (4 ans)

Pour plus de renseignements: Catherine Numa

L'UICN-Med est financée principalement par le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement d'Espagne, Ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Environnement de la Junta de Andalucía et de l'Agence Espagnole de Coopération Internationale au Développement (AECID).


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