Pendant la guerre de Juillet/Aout 2006, les israéliens ont attaqué les entrepôts de pétrole de la centrale électrique de Jiyeh, conduisant au déversement de presque 15,000 tonnes de pétrole dans la mer. L’environnement marin a fait les frais de cette violente pollution, et de nombreux sites le long de la côte ont été touchés. Parmi les zones affectées, on compte la réserve naturelle de Palm Islands (PINR) dont la riche biodiversité est maintenant menacée.

La réserve naturelle de Palm Islands, composée d’un groupe de trois îles plates et rocheuses pavées de roche calcaire érodée et de la mer les entourant, est située à 5,5km au Nord-Ouest des côtes de Tripoli. Elles sont nommées ainsi : Sanani (4 ha), Ramkine (1.6 ha), et Palm Island (20 ha). Les trois îles ainsi que 500 m de la mer les entourant ont été protégés juridiquement par le statut de Réserve Naturelle de Palm Islands, établi en 1992. D’une perspective terrestre, la Réserve a été désignée comme Aire Spécialement Protégée de Méditerranée par la Convention de Barcelone, Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux par BirdLife International, et enfin Zone Humide d’Importance Internationale Particulière.

Plusieurs espèces menacées vivent dans la réserve naturelle de Palm Islands, et peuvent être particulièrement sensibles au pétrole. Le phoque moine Monachus monachus, considéré comme en danger critique, était un visiteur régulier jusqu’à la fin des années 60. Depuis, de rares individus ont été observés, en 1997 puis en 2000. Les plantes Euphorbia pithyusa et Cressa cretica sont quant à elles reconnues au niveau national comme en danger. La faune Benthos compte deux espèces de gastéropodes reconnues comme en danger au niveau national: Vermetus triquetrus and Dendropoma petraeum.

On note deux espèces de poisons menacés au niveau mondial ; Epinephelus marginatus et Mycteroperca rubra. L’équipe chargée de la gestion de la réserve a confirmé que les tortues marines (Chelonia mydas and Caretta caretta) ont souvent été observées dans la mer, et que plusieurs nids de tortues caouannes ont été notés.

L’UICN, en collaboration avec l’Université Américaine de Beyrouth et le Ministère de l’Environnement du Liban, a mené une étude afin d’évaluer les effets de la marée noire sur la biodiversité marine de la réserve naturelle de Palm Islands. Elle a aussi permis de développer un programme de surveillance des différents habitats et espèces marines le long du littoral libanais. Ce projet est financé par l’Agence Espagnole pour la Coopération Internationale au Développement.