AMP profondes

Identifier des sites pour des AMP en eaux profondes

Au large, les priorités en matière de conservation vont se concentrer sur les eaux profondes, celles-ci bénéficiant d’une haute concentration d’espèces endémiques et d’habitats aussi uniques que vulnérables. Les espèces des eaux profondes vivent principalement sur la pente continentale, dans les canyons et les monts sous-marins. La zone ouest de la méditerranée bénéficie dans l’ensemble d’une plus grande abondance et diversité d’espèces d’eaux profondes que la zone est. Ceci peut être expliqué par l’hypothèse de Téthys, suggérant que les communautés écologiques méditerranéennes sont en fait des vestiges de la crise de salinité messinienne, qui a vu le bassin méditerranéen se fermer et s’assécher presque complètement. Une autre hypothèse suggère que la faune de méditerranée est composée de populations satellites, dont le maintien dépend d’un réapprovisionnement larvaire venant de l’est de l’Atlantique par le détroit de Gibraltar.

Les communautés d'éponges d'eaux profondes comme celles-ci sont particulièrement vulnérables à la pêche au chalut

Les communautés d'éponges d'eaux profondes comme celles-ci sont particulièrement vulnérables à la pêche au chalut

Photo: Deep Atlantic Stepping Stones Science Team_IFE_URI_NOAA

Le faible approvisionnement en nourriture des eaux profondes a pour conséquences des ressources alimentaires peu abondantes, un partage important de la nourriture, des régimes alimentaires très divers et des réseaux trophiques extrêmement complexes. Les communautés vivant dans des eaux dont la profondeur dépasse 1000 mètres révèlent une productivité extrêmement basse, telle qu’ils doivent être particulièrement vulnérables aux influences humaines.

Les principaux impacts anthropogéniques sur ces communautés sont les suivants :

• La disparition de grands prédateurs, due à la pêche et à la diminution d’espèces composant les habitats comme la gorgone (e.g. Isidella elongata) ou le récif corallien d’eaux profondes (e.g. Lophelia pertusaand Madrepora oculata) par le chalutage en eaux profondes.
• La modification de liens trophiques entre les espèces dans les réseaux d’alimentation par l’abandon des prises accessoires et l’utilisation ultérieure et peu orthodoxe faite des espèces.
• L’accumulation de métaux lourds et de toxines dans certaines zones spécifiques de la haute-mer due à la pollution marine acheminée par les canyons sous-marins.
• Le changement climatique global va affecter la qualité et la quantité de nourriture des communautés des eaux profondes.

Une étude récente menée par l’UICN et WWF a permis l’identification de sites nécessitant une protection (voir illustration). Un critère important pour l’identification d’AMP profondes est le type et le nombre d’espèces endémiques présentes dans la région. Si 26% des espèces méditerranéennes sont considérées comme endémiques, une estimation générale n’est pas disponible pour les espèces des eaux profondes.
Pour le moment, on sait qu’il y a au moins 14 espèces (6 poissons, 4 decapoda et 4 échinodermes) endémiques aux écosystèmes des eaux profondes de méditerranée. Les écosystèmes d’eaux profondes les plus exceptionnels sont associés aux sources hydro thermales, aux lacs de saumure, aux récifs coralliens d’eau profonde et aux monts sous-marins.

Tudela et al. propose un système d’AMP profondes représentatif de ces habitats uniques, basé sur une distribution de 35 biocénoses d’eaux profondes uniques en mer méditerranée. En guise de résultat, une interdiction de pêcher dans les zones dépassant 1000 m de profondeur a été adoptée par la Commission Générale des Pêches pour la Méditerranée (GFCM en anglais).

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Les Ecosystèmes des Eaux Profondes méditerranéens: Présentation de leurs structures, fonctionnements et impacts anthropogéniques