Le développement et la mise en valeur des AMP sont vus comme prioritaires par les gouvernements des pays d’Afrique du nord et de l’est de la méditerranée. Pour soutenir un réseau d’AMP fort à l’échelle régionale, la création d’une infrastructure pour la conservation de la biodiversité s’impose.

A travers un soutien aux institutions et un développement des capacités, l’UICN apporte son soutien au cœur même des institutions environnementales. Le but est d’établir puis de gérer efficacement un réseau national d’AMP au sein des pays d’Afrique du nord. A l’issue de cette collaboration, les gouvernements sont mieux préparés pour remplir leurs engagements internationaux en lien avec la protection de la biodiversité.

UICN-Med s’est concentré particulièrement sur:

• Augmenter la participation des pays d’Afrique du nord au sein des réseaux méditerranéens et encourager l’échange d’informations entre les pays ;
• Fournir des ressources techniques, financières et physiques appropriées pour appuyer les institutions et parties prenantes;
• Développer des agences locales et des institutions viables disposant de personnel, de fonds et d’une stratégie d’action.
• Soutenir le développement des capacités ainsi que des activités de formation destinées au personnel lié à la gestion de l’environnement, la levée de fonds ou la gouvernance.
• Améliorer la collaboration entre les acteurs locaux et le gouvernement.
UICN-Med est impliqué dans les initiatives et projets suivants, tous destinés à appuyer les réseaux d’aires marines protégées :

Egypte, Lyban et Libye

Dans le but de construire des capacités de gestion, l’UICN a encouragé les gestionnaires, chargés de projets et autres acteurs des AMP venus d’Egypte, du Liban et de Libye à participer aux activités de MedPAN – Réseau pour les gestionnaires d’AMP en méditerranée-, et ce grâce au soutien du Ministère Italien de l’Environnement. Une des activités clefs mises en place dans le cadre du projet MedPAN est l’organisation d’ateliers à thèmes, qui doivent permettre l’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre les chargés de projets et gestionnaires d’AMP dans la région méditerranéenne.

Egypte
Renforcement des capacités et soutien institutionnel au Secteur de Conservation de la Nature du Ministère d’Etat pour les Affaires Environnementales, et à l’Agence Egyptienne des Affaires Environnementales.
Ce projet a été créé en soutien au fonctionnement du Secteur Egyptien pour la Conservation de la Nature (NCS en anglais), pour « la création et la gestion appropriée du réseau national d’aires protégées » à travers la fourniture de ressources humaines, financières et matérielles.

Le projet est fondé par la Coopération Italienne, et doit aider à élaborer dans le NCS une structure d’organisation appropriée, en :

• Créant des Unités Techniques Spécifiques pour: la planification, l’octroi de licence et évaluation d’impact environnemental, l’évaluation de la biodiversité, l’aide sociale et le marketing.
• Renforçant le personnel du NCS pour évaluer et contrôler les activités économiques menées dans les aires protégées
• Décentralisant le mécanisme de prise de décisions à des centres dédié à la gestion et à la planification du système des aires protégées, et développant leurs capacités institutionnelles au sein du NCS.
• Développant des dispositions légales et administratives sécurisant les activités de levée de fonds, pour soutenir la gestion d’aires protégées individuelles et parvenir à une indépendance financière du NCS.
• Développant un plan de gestion pour les parcs nationaux
Pour plus d’informations, voir l’initiative de renforcement institutionnel du Programme des Aires Protégées.

Libye
L’environnement côtier et marin de la Libye est l’une des dernières régions méditerranéennes à la biodiversité préservée. De nombreux éléments révèlent qu’un plan stratégique pour une politique de conservation est aujourd’hui décisif pour la région: des paysages immaculés, des écosystèmes aussi sensibles que vulnérables (comme les lits de Posidonia oceanica ou de corail, qui comprennent l’une des formations les plus importantes du précieux corail rouge Corallium rubrum), des sites de nidification de tortues Caouanne (Caretta caretta) et de tortues Luth (Dermochelys coriacea),et même des sites archéologiques sous-marins d’importance.

Aujourd’hui, la côte libyenne est exposée à une augmentation des pressions humaines et de l’exploitation de ses ressources. Suivant cette constatation, le gouvernement libyen a qualifié la région est de la Libye comme faisant partie des zones prioritaires en matière de conservation. Cette disposition a été prise dans le cadre du Plan d’Action National du Programme d’Action Stratégique pour la Conservation de la Biodiversité Biologique (SAP BIO) en méditerranée de la Convention de Barcelone. Sous couvert de ce Plan d’Action National, le gouvernement œuvre à la sélection et à la création de nouveaux parcs nationaux et aires marines et côtières protégées.
Afin de soutenir la Libye dans sa prise de décisions en matière de conservation de la biodiversité, un accord d’entente a été signé entre l’UICN, WWf MedPO, UNEP MAP RAC/SPA et l’Autorité Générale de l’Environnement en Libye. La première activité, dont l’UICN fait partie, consiste à développer un atelier sur l’écotourisme et le développement durable en Libye.
Atelier sur le tourisme durable

Destiné à promouvoir un type de tourisme « durable », un atelier sur l’Ecotourisme a été organisé en Libye du 28 au 29 novembre 2006 dans la ville d’Al-Bayda. L’événement, cofinancé par le ministère italien de l’environnement, était organisé conjointement par l’Autorité Générale de l’Environnement en Libye, le Centre pour la Coopération en Méditerranée de l’UICN, le Programme de l’UICN pour le Commerce et la Biodiversité, WWF MedPO et le Centre d’Activités Régionales pour des Productions plus Propres. Cet atelier a fourni une plate forme qui a permis aux autorités en matière de tourisme de formuler un plan inter-agences ainsi qu’une politique pour le développement d’un tourisme durable au niveau national, régional et local.

Cette stratégie se concentre sur la gestion du tourisme au sein des sites archéologiques et des aires marines et côtières protégées. La réunion a pu compter sur la participation de 60 représentants nationaux et internationaux, issus aussi bien d’agences gouvernementales que d’ONG, d’organisations internationales que d’institutions de recherche, scientifiques aussi bien que commerciaux ; tous étant impliqués dans la conservation, le tourisme et le développement. Ces différents acteurs ont permis d’échanger les initiatives et bonnes pratiques de nombreux pays, et d’identifier les étapes nécessaires à la mise en œuvre d’un plan d’action et d’une stratégie efficace pour le tourisme durable. Des mesures pratiques destinées à protéger la riche biodiversité libyenne ont aussi été discutées, comprenant la protection d’aires d’importance particulière.

Des recommandations spécifiques ont été produites pendant l’atelier sur les thèmes suivants : la coopération inter-agences et inter-secteurs, la construction des capacités institutionnels, les processus de mise en œuvre et de planification, et le besoin de prise de conscience du public.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Compte rendu de l’atelier.