Jardins botaniques en Méditerranée

07 October 2009 | Event

1er Séminaire International Med-O-Med

La Fondation de Culture Islamique (FUNCI), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Milieu rural et marin Espagnol et l’UICN-Med, va tenir du 7 au 9 Octobre à Grenade (Espagne) le 1er Séminaire International sur L’ÉXPÉRIENCE AL-ANDALUS: UN MODÈLE POUR LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ

Le séminaire présentera le projet intitulé MED-O-MED. Un réseau de jardins botaniques de la Méditerranée et du Moyen-Orient, mis en place par la FUNCI sous la direction de son président, Cherif Abderrahman Jah, et faisant partie du plus large programme, “MED-O-MED. Paysages culturels de la Méditerranée et du Moyen-Orient”.

Ce programme, en dehors du réseau de jardins botaniques, comprend une section dédiée au patrimoine culturel, une au développement durable et une autre à l’éducation et la formation dans ces régions.

À travers ce réseau de jardins botaniques du MED-O-MED, va-t-être mis en place un cadre pour la coopération, basé sur des fondations historiques, techniques et scientifiques solides, afin de promouvoir le dialogue international et l’échange entre les experts et les institutions en Espagne et dans les pays musulmans de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

L’expérience al-Andalus

Les musulmans hispaniques d’al-Andalus ont créé des jardins dans lesquels ils ont cultivé des plantes pour “le plaisir–tasliya- des yeux et de l’odorat, ou pour décorer, les plus connues étant ceux plantés dans les vergers –basatin-” (Ibn Luyun, 14eme siècle).

Les résultats de cette expérience de jardinage Méditerranéen apparaissent pour la première fois pendant l’émirat Omayyad, puis se consolident pendant la période Califale de Cordoue. De beaux exemples sont les jardins Arruzafa, sur les rives du Guadalquivir à Séville, et les jardins de la cité-palais de Madinat al-Zahra.

Ce style de jardinage se propage ensuite à travers al-Andalus, en particulier à Ronda, Málaga, Guadix, Almería, Toledo et Séville. Au temps des Nasrids, il atteint son sommet de splendeur dans l’Alhambra, Generalife, et les vergers, palaces et jardins environnants.

Tous ces exemples montrent que des espèces indigènes tout comme exotiques étaient cultivées, beaucoup d’entre elles transférées de régions de l’est de la Méditerranée, ou de l’Afrique du nord et de l’est.

En plus de leur valeur ornementale, ces espèces étaient appréciées pour leurs fruits, leur bois, leur résine et leurs propriétés médicinales.

Les valeurs esthétiques étaient ainsi combinées avec l’utile, avec l’acclimatation de nombreuses plantes à des fins agricoles ou thérapeutiques. Elles étaient généralement cultivées dans des vergers dans lesquels la production allait de paire avec une conception tournée vers le plaisir des sens. Ces jardins et ces vergers étaient parfois conçus pour mettre en valeurs le pouvoir et la noblesse de leur dirigeant. Au fil du temps ils ont atteint de hauts niveaux de beauté et complexité, fournissant l’un des chapitres les plus excitants de l’histoire du jardinage.

Ces jardins d’al-Andalus sont le résultat d’une grande richesse culturelle et d’un savoir-faire technique et scientifique de haut niveau, non seulement en ce qui concerne la culture mais aussi et surtout en ce qui concerne la gestion de l’eau, les espèces nuisibles, le contrôle des maladies et l’utilisation équilibrée des sols et des fertilisants naturels.

Aujourd’hui, ces méthodes de gestion seraient considérées comme étant « biologiques ». Elles s’inscrivent aussi parfaitement dans l’engagement actuel à utiliser correctement et préserver la biodiversité, et les critères de durabilité qui gouvernent le paradigme moderne concernant les relations entre l’homme et les ressources naturelles.

Les jardins botaniques jouent un rôle important dans la préservation d’espèces de plantes peu communes ou menacées d’extinction. Selon la Liste Rouge de l’UICN, plus de 10,000 espèces sont sérieusement menacées. Cela représente pratiquement un tiers de celles qui existent dans le monde, et presque la même proportion de celles cultivées aujourd’hui dans les jardins botaniques, qui sont par conséquent devenus des points de mire pour la diversité de la flore planétaire.

Les plantes et les graines qui sont préservées dans des banques de matériel héréditaire (plasma germinal), beaucoup d’entre elles associées aux jardins botaniques, contribuent au développement de programmes de rétablissement d’espèces menacées et, à long terme, fournissent une réserve génétique d’un grand intérêt stratégique pour l’humanité et pour chacune des villes et des nations qui abritent cette biodiversité.

L’importance des jardins botaniques

Au cours des siècles, les 2,000 jardins botaniques qui existent dans le monde ont rassemblé une collection immense de ressources et de connaissances. Ils jouent un rôle essentiel dans la préservation des plantes et, par conséquent, l’une des mesures incluses dans la Convention sur la diversité biologique promue par les Nations Unies et adoptée par les parties contractantes, a été un engagement plus important envers la préservation ex situ des éléments de la biodiversité.

Les jardins botaniques, les banques de matériel héréditaire (plasma germinal) et d’autres installations pour la préservation ex situ et in situ se sont agrandies en nombre et en activités dans de nombreux pays du bassin méditerranéen. Mais ce développement et cet engagement réel à la préservation ont été moins marqués dans les pays d’Afrique du Sud et du Moyen-Orient. Pour des raisons économiques, politiques ou culturelles, de tels pays n’ont pas encore adopté ou complètement accepté ni le nouveau paradigme concernant la biodiversité, ni les trois objectifs basics de la Convention sur la diversité biologique - préservation, développement durable et accès aux ressources génétiques.

Le but de ce Séminaire International est donc de promouvoir cet engagement, bénéficiant de l’expérience et des racines culturelles du jardin-verger d’al-Andalus, l’emblème du monde islamique en Ibérie qui a duré pendant plus de cinq siècles.

Objectifs

Le réseau de jardins botaniques du MED-O-MED dans la Méditerranée et le Moyen-Orient va établir une collaboration et des accords entre différents jardins botaniques dans ces régions, afin d’aider à les promouvoir, d’élargir les connaissances et d’encourager l’échange d’idées, d’expériences et de collections botaniques.

Le but est de renforcer les fonctions environnementales et sociales des jardins botaniques, en s’assurant qu’ils jouent un rôle dans l’identité culturelle, le développement durable et la lutte contre la pauvreté.

Programme

Le 1st Séminaire International, L’ÉXPERIENCE AL-ANDALUS. UN MODÈLE POUR CONSERVER LA BIODIVERSITÉ, va être tenu dans le palais de Charles V à l’intérieur de l’Alhambra à Grenade.

Les orateurs comprendront des spécialistes de l’histoire et l’archéologie des jardins islamiques de prestige international, comme S.A.R la Princesse Basma bint Ali, de Jordanie, Antonio Almagro (MED-O-MED, CSIC : Conseil supérieur espagnol de la recherche scientifique), José Tito (Université de Grenade, lICOMOS) et Manuel Casares (Université de Grenade).

D’autres seront des botanistes connus et des gestionnaires de jardins botaniques, comme Esteban Hérnandez (MED-O-MED, Université de Cordoue), Kamal H. Batanouny (Fondation du Qatar, Université du Caire), Arnoldo Santos (Jardin Botanique de La Orotava), Khaled Sawalha (Université Al-Quds, Territoires palestiniens) et Ana Casino (Directrice de l'Association Ibéro-macaronésienne des Jardins botaniques).

Le Ministre de l’Environnement algérien, Cherif Rahmani, gagnant du prix PNUE 2007, sera lui aussi présent; un représentant du Ministère de l’Environnement tunisien, Hedi Chebili; le Secrétaire Général de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, Nouzha Alaoui, et le Directeur du Bureau de Coopération Culturelle de Libye, Mohamed Adrawi.