La réunion du BIOPAMA offre des solutions pour la conservation de la nature et l’amélioration des moyens d’existence en Afrique orientale et australe

10 December 2012 | Article

Trois jours de travail intensif en Afrique du Sud, les 4, 5,et 6 décembre 2012, ont permis au Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) de réaliser des avancées importantes. Cette réunion, organisée par les principaux partenaires du BIOPAMA – l’UICN et le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR-CE) – a permis d’identifier les besoins, lacunes et produits dans le secteur de l’information, permettant d’améliorer la prise de décision sur les aires protégées en Afrique orientale et australe ; et les besoins en renforcement des capacités pour une meilleure prise de décision.

Le programme BIOPAMA vise à apporter des solutions aux menaces à la biodiversité dans trois points chauds de la biodiversité à l’échelle mondiale : les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), tout en améliorant les moyens d’existence des communautés vivant dans et autour des aires protégées. Le BIOPAMA associe l’amélioration de l’accès aux données au renforcement des capacités, pour améliorer la prise de décision et ainsi avoir une meilleure gestion des aires protégées.

« En accord avec les intentions du BIOPAMA, l’atelier est parvenu à rassembler les représentants des principales institutions, de l’UICN, des gouvernements et des ONG impliqués dans la gestion des aires protégées de la région » affirme Ali Kaka, Directeur régional de l’UICN pour l’Afrique orientale et australe. « Cela permet de renforcer le réseau régional qui garantira que nos aires protégées sont efficacement gérées et gouvernées. »

Une partie de la composante Aires protégées du Programme se focalise sur le renforcement de l’utilisation de l’information pour une meilleure prise de décision. Pour cela, Andreas Brink, du CCR-CE, a annoncé la mise en place par le BIOPAMA d’un Système d’information de référence régional, permettant aux décideurs d’accéder aux données relatives à la valeur de la biodiversité dans les aires protégées, et aux menaces qui pèsent sur elles. Le système permettra également aux gouvernements africains d’établir des priorités dans les mécanismes afin d’améliorer la gestion des aires protégées.

L’autre composante du BIOPAMA, l’Accès et le partage des avantages (APA) des ressources fournies par les aires protégées, a également été abordée lors de cet atelier. « La conservation dans les aires protégées a besoin d’incitations et d’une bonne gouvernance. L’APA, s’il est mis en œuvre correctement, peut offrir les deux en même temps » déclare Suhel al-Janabi, de l’Initiative de renforcement des capacités pour l’APA, chargée de la composante APA du BIOPAMA.

Dans la région d’Afrique orientale et australe, une gouvernance efficace est vitale pour apporter une réponse aux principales menaces qui pèsent sur les aires protégées. Pourtant, cet élément est souvent négligé dans les programmes de renforcement des capacités. Lors de l’atelier, Moses Mapesa, vice-Président régional de la Commission mondiale des aires protégées pour l’Afrique orientale et australe, a proposé que les efforts de renforcement des capacités, notamment ceux dans le domaine de la gouvernance, s’orientent davantage vers les présidents et directeurs des organismes en charge des aires protégées, ainsi que vers les directeurs et secrétaires permanents des ministères concernés. « À ces niveaux de responsabilité, les acteurs peuvent s’engager dans un dialogue avec leurs pairs d’autres secteurs comme l’énergie, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière, l’industrie et le transport, qui menacent les aires protégées et la conservation de la biodiversité » déclare M. Mapesa.

Le BIOPAMA est financé par l’enveloppe intra-ACP du 10e Fonds européen de développement de la Commission européenne.

Cet atelier organisé en Afrique du Sud a constitué une étape importante dans les efforts du Programme pour bâtir un réseau régional d’experts en aires protégées, en gestion de données et en renforcement des capacités, et réduire ainsi la dépendance envers les consultants étrangers. Des ateliers similaires axés sur l’Afrique centrale et occidentale, les Caraïbes et le Pacifique auront lieu début 2013.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Leo Niskanen, Coordinateur, Programme de l’UICN sur les aires de conservation et la diversité des espèces pour le Bureau régional de l’Afrique orientale et australe : leo.niskanen@iucn.org