Les communautés du Pacifique affichent leur gestion marine

28 May 2014 | News story

Un modèle innovant de gestion communautaire des côtes et du milieu marin est bien établi dans le Pacifique. Même si ce modèle ne rentre pas tout à fait dans la définition de l’UICN des aires protégées, il affiche des résultats positifs pour la conservation.

Le système de Catégories d’aires protégées de l’UICN classe les aires protégées selon leurs objectifs de gestion. Les aires protégées sont ainsi classées en : réserve naturelle intégrale ou zone de nature sauvage ; parc national ; monument/élément naturel ; aires de gestion des habitats ou espèces ; paysage terrestre ou marin protégé ; ou aire protégée avec une utilisation durable des ressources naturelles. La conservation est le point commun et principal objectif de toutes ces catégories d’aires. Cependant, des méthodes de gestion alternatives peuvent avoir des résultats positifs pour la conservation.

Les aires marines localement gérées sont un exemple de gestion des ressources essentiellement à des fins de subsistance pour les communautés, mais qui atteignent également des résultats pour la conservation de la biodiversité. Elles ont été créées après que les communautés côtières ont réalisé qu’elles pouvaient tirer profit des opportunités de gérance de leurs ressources marines et côtières pour sécuriser ou même restaurer l’approvisionnement alimentaire. Les communautés des aires marines localement gérées mettent en œuvre une gestion durable de la pêche et des pratiques traditionnelles de gestion pour garantir que l’approvisionnement alimentaire provenant de l’océan est durable dans le futur. Ce style de gestion peut protéger et soutenir la biodiversité marine et côtière intentionnellement, ou indirectement.

Plusieurs pays du Pacifique ont adopté le concept d’aires marines localement gérées. Le Réseau d’aires marines localement gérées compte plus de 500 villages participants, répartis dans huit pays, dont six dans le Pacifique : les États fédérés de Micronésie, Fiji, Palau, Papouasie Nouvelle Guinée, les îles Salomon et Vanuatu. Fiji a le plus de sites de projets parmi tous les pays du Réseau, et cette approche s’est diffusée jusqu’à Madagascar et d’autres pays de l’océan Indien occidental.

Dans le Pacifique, le Réseau d’aires protégées marines et terrestres de Nguna-Pele est un exemple réussi d’aire marine localement gérée. Il a reçu en 2008 le Prix Équateur en récompense de ses bonnes pratiques dans la conservation communautaire du milieu marin. Ce Réseau est composé de 16 communautés autochtones engagées dans la conservation de plus de 3 000 hectares de ressources marines et terrestres. Une aire de conservation marine est attribuée à chaque communauté, y compris certains sites interdits hors limites. Dans le village d’Unakap sur l’île de Nguna par exemple, trois zones ont été désignées : réserve permanente (aucune pêche autorisée) ; réserve périodique (pêche permise uniquement pour des événements communautaires spéciaux) ; et zone d’utilisation générale, où la pêche est autorisée mais soumise aux interdictions sur les pratiques de pêche destructrices et la surpêche. Grâce à ces mesures de gestion, les espèces de poissons et d’invertébrés marins et la biomasse des poissons sont plus abondantes dans les réserves communautaires par rapport aux zones non gérées.

La gérance et l’engagement communautaire sont déterminants pour atteindre ces résultats positifs en matière de conservation de la biodiversité. Les aires marines localement gérées offrent une structure modèle de gouvernance pour les ressources marines, en s’appuyant sur les motivations des communautés et en reconnaissant la dépendance des communautés envers les ressources marines pour leur subsistance, et remettent en cause les capacités souvent limitées des pays en développement pour gérer et réguler ces ressources.

L’UICN participe à l’amélioration de la gestion des aires protégées, et soutient les aires marines localement gérées, par le biais de la Table-ronde pour la conservation de la nature des îles du Pacifique, et du Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA). L’UICN et le Réseau des aires marines localement gérées sont tous deux membres de la Table-ronde, ce qui aide les organisations à coordonner leur action en faveur de la conservation. En outre, le Programme BIOPAMA encourage l’utilisation des meilleures connaissances scientifiques disponibles pour combler les lacunes en matière d’informations, renforcer les capacités et les processus décisionnels dans les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), y compris les six pays du Pacifique du Réseau d’aires marines localement gérées.

Pour plus d’informations, contactez Etika Rupeni, Coordinatrice de la Table-ronde pour la conservation de la nature des îles du Pacifique, etika.rupeni@iucn.org