Les barrages en Afrique de l’Ouest: l’étude sur l’évolution des politiques internationales maintenant disponible en Français

25 January 2012 | News story

Dix ans après la publication du rapport de la Commission Mondiale des Barrages, l'UICN a commandé une étude pour examiner les approches de la prise de décision autour des grands barrages. Ce rapport est maintenant disponible en Anglais et en Français.

En étroite collaboration avec la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’étude a été menée dans le cadre de la concertation régionale sur les projets de grandes infrastructures dans le secteur de l'eau de la zone CEDEAO. Les informations sur le 'Dialogue régional sur les grandes infrastructures Hydrauliques' sont disponibles ici.

Le but de l'étude a été d'examiner la diversité des approches de prise de décision autour des aspects environnementaux et sociaux concernant le développement des grands barrages dans les pays en développement et dans les économies émergentes. Deux études de cas ont été réalisées sur le projet hydroélectrique de Lom Pangar au Cameroun, et sur la Charte de l'eau du fleuve Sénégal.

"L’UICN est engagée dans le débat international sur les barrages et le partage de leurs bénéfices, notamment à travers le dialogue régional avec la CEDEAO et la Global Water Initiative avec IIED. Sa stratégie est de renforcer les processus en cours par la recherche de connaissances, l’appui à la participation de tous les acteurs, notamment la société civile, et la promotion des bonnes pratiques environnementales et sociales en vue de relever les défis posés par la Commission mondiale des barrages" précise Ousmane Diallo, Coordinateur du Programme Régional Eau et Zones humides du bureau régional de l’UICN pour l’Afrique Centrale et Occidentale.

Le rapport propose un cadre simple d'analyse pour les différents niveaux de pratique, et met l’accent sur l'importance d'étendre les opérations de base commerciales et financières traditionnelles relatives au financement des grandes infrastructures. Une extension nécessaire pour intégrer les aspects sociaux et environnementaux au cœur de la prise de décision financière, plutôt que de considérer ces éléments critiques comme des externalités ajoutées à un processus de transaction financière robuste.

L’étude a été réalisée en s’appuyant sur des entretiens avec des informateurs clés représentant un éventail d'intérêts pour partager leurs perspectives, ainsi que sur l'examen de cinq politiques au niveau international (Politiques de sauvegarde de la Banque Mondiale, les normes de performance de la SFI, les «Equator Principles», le ‘Hydropower Sustainability Assessment Protocol’ et le rapport de la Commission mondiale des barrages).

Le rapport souligne que 'l’examen de cinq politiques internationales majeures a permis d'identifier les niches de chaque politique par rapport à la conception de projets de barrage là où les principaux acteurs partagent les mêmes motivations de base, et là où ils préconisent des approches différentes. Le point-clé pour la réalisation de bons projets est de rapprocher les perspectives de contrats commerciaux et l’élaboration de politiques publiques. Le projet de Lom Pangar au Cameroun est un bon exemple de cette interaction; le processus de préparation vise en effet à concevoir un projet qui est à la fois économiquement viable et écologiquement et socialement durable'.

Cette étude nous aide à capitaliser les évolutions dans les textes et la pratique, afin de favoriser le dialogue et la participation active de tous les acteurs dans les prises de décision et viser une meilleure intégration des aspects environnementaux et sociaux dans les processus financiers des projets de barrage", souligne Jérôme Koundouno, coordinateur régional de la composante barrages de la Global Water Initiative au sein du bureau régional de l’UICN pour l’Afrique centrale et Occidentale.

Peter Newborne (chercheur et consultant) est l’auteur du rapport. Les points de vue exprimés dans cette étude sont ceux des personnes interviewés et de l’auteur, non ceux de l’UICN.