Le BIOPAMA soutient les progrès sur le renforcement des capacités pour les aires protégées dans le Pacifique et en Afrique occidentale

21 February 2013 | Article

La participation d’un grand nombre de pays et d’organisations lors de deux ateliers organisés dans le Pacifique et en Afrique de l’Ouest a offert une grande diversité de perspectives et traduit les avancées du Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA). Pour souligner l’importance du BIOPAMA pour ces régions, des hauts représentants de l’Union européenne, qui finance le BIOPAMA, et d’autres parties prenantes comme le Secrétariat de l’ACP (pays d’Afrique, Caraïbes, Pacifique) ont participé à ces ateliers, marquant ainsi le lancement régional du Programme.

Dans le Pacifique, plus de 60 participants originaires de 14 pays se sont réunis à Lami, Fidji, pour une réunion de trois jours incluant des représentants des ministères de l’Environnement, de la Pêche, du Développement des ressources terrestres et de la Planification spatiale de différents pays insulaires du Pacifique, ainsi que des représentants d’organisations régionales du Pacifique. La délégation de l’Union européenne pour le Pacifique a ouvert l’atelier avec un discours enthousiaste sur la richesse unique de la région en terme de biodiversité, ainsi que les opportunités à tirer d’une collaboration régionale plus étroite sur des objectifs communs de conservation.

Lors des sessions, les participants ont souligné par comparaison le nombre relativement faible d’aires officiellement protégées dans la région insulaire du Pacifique, dont la plupart n’ont, en outre, pas les ressources suffisantes pour employer des responsables ou des gardes. Une évaluation régionale des besoins en renforcement des capacités a révélé que des pays comme Samoa, Fiji, Vanuatu et les îles Salomon s’appuient sur des régimes fonciers traditionnels pour la mer et la terre, et ont établi des réseaux nationaux d’aires marines localement gérées. Les systèmes de gestion sont adaptés localement, très divers, mais malheureusement trop peu souvent officiellement reconnus par les gouvernements nationaux.

Cet atelier a permis de rassembler dans un seul lieu l’ensemble des organisations, communautés et projets actuellement actifs dans le Pacifique, afin de partager les expériences et de construire des synergies que le BIOPAMA diffusera et encouragera. Le Bureau des aires conservées par les communautés et les populations autochtones a présenté son travail, ainsi que l’Université du sud-Pacifique, le Secrétariat du Programme environnemental régional du Pacifique (SPREP), l’Université de Papouasie Nouvelle Guinée et plusieurs ONG qui soutiennent le renforcement des capacités des gouvernements nationaux pour une gestion durable des ressources naturelles au niveau communautaire.

Le dernier jour, lors des exercices de planification des activités, les participants ont souligné les principales priorités régionales à prendre en compte lors de l’élaboration et de la réalisation d’un programme de renforcement des capacités régionales, et les principales institutions pouvant être impliquées. Ils ont également proposé des objectifs pour le travail de l’Observatoire régional, et ont émis des recommandations pour la conception et la réalisation d’un Système d’information de référence régional. « La spécificité de la région insulaire du Pacifique conduit à une gamme de solutions uniques pour la gestion durable des ressources naturelles » a affirmé Taholo Kami, Directeur régional de l’UICN Océanie, dans son discours de clôture. « Nous espérons que le BIOPAMA, en soutenant le développement des échanges de connaissances et l’utilisation efficace des savoirs traditionnels et scientifiques existants, contribuera à encourager et consolider ces solutions. »

À Dakar, Sénégal, 61 représentants de l’Afrique centrale et occidentale ont participé au premier atelier BIOPAMA de la région. La diversité était au rendez-vous, avec des responsables d’aires protégées sur le terrain, et des représentants d’organismes chargés des aires protégées, d’universités et institutions universitaires, et d’institutions régionales comme le RAPAC (Réseau pour les aires protégées d’Afrique centrale).

Les participants ont souligné l’importance d’utiliser le BIOPAMA pour attirer l’attention et accroître l’engagement des décideurs, afin de lutter efficacement contre la crise de la biodiversité qui touche de nombreux pays de la région. Le crime organisé a été également évoqué, car ses groupes et syndicats sont de plus en plus impliqués dans le braconnage, ce qui peut conduire à terme à l’extinction d’importances espèces ouest-africaines.

L’UICN a été pressée par les participants de jouer un rôle plus actif et essentiel dans la sensibilisation à ce thème auprès des gouvernements nationaux et de la communauté internationale. Plusieurs recommandations ciblées ont été proposées, afin d’utiliser l’Observatoire régional qui sera créé par le BIOPAMA comme un outil pour lutter contre la crise de la biodiversité, et de renforcer les capacités pour améliorer la gestion des aires protégées.

Grâce à ces avancées, l’UICN continuera son travail avec les principales parties prenantes des deux régions afin de développer le BIOPAMA, en s’appuyant sur une collaboration continue sur le terrain dans tout le réseau de l’UICN, et sur la mise en œuvre des principales recommandations de la réunion.

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