La conservation du singe à ventre rouge une réussite au Bénin

05 September 2011 | News story

Au Bénin, Maximin Djondo, membre de la CEC, et son équipe de BEES ONG ont réussi à faire de l’écotourisme un levier de développement dans les zones périphériques de la forêt classée de la Lama.

Au Bénin, certains espaces naturels sont menacés par le braconnage (gibier), la recherche de nouvelles terres agricoles, le ramassage du bois de chauffe. Les activités rurales constituent la base de l’économie du Bénin et constituent par la même occasion la majeure source de dégradation de l’environnement. La forêt classée de la Lama qui est une relique de forêt dense semi décidue du «Dahomey Gap» localisée entre 6°55’ et 7° de latitude Nord puis 2°4’ et 2°12’ de longitude Est. Cette forêt qui couvrait 16.250 ha en 1946 a été progressivement colonisée par des populations agricoles et actuellement, les vestiges de la forêt naturelle dénommées "Noyau central" couvrent seulement 4.777 ha dont 6% de plantations de Tectona grandis et Gmelina arborea et 40% de forêt dense, le reste étant composé de jachères. C’est le domaine du singe à ventre rouge (cercopithecus erythrogaster erythrogaster), une sous-espèce de primate endémique du Dahomey gap. C’est un petit singe dont le pelage du ventre et de la poitrine est de couleur rouge. Bien que répertorié dès 1866, pendant plus de 100 cent ans, il n’a pas pu être observé dans son habitat naturel, mais en 1990 on retrouva ses traces dans la forêt de la Lama, il apparait donc comme l’un des primates les plus gravement menacés d’extinction. Sa population actuelle est estimée entre 800 et 1000 individus. C’est ainsi que, Benin Environment and Education Society (BEES ONG) conformément à sa mission de réhabiliter et d’améliorer qualitativement l’état des ressources naturelles, en particulier celui des zones humides, pour le bien être de populations locales à travers des actions financièrement durables, écologiquement et culturellement responsables, et politiquement acceptables, a crée depuis 2008 « le centre Ecotouristique de la Lama » qui est un centre à vocation professionnelle pour les jeunes et adultes. En effet, nous travaillons avec les communautés riveraines de la forêt pour leur meilleure implication dans la conservation de la biodiversité par un processus permanent grâce auquel les individus prennent conscience de leur environnement et acquièrent les connaissances, les valeurs, les compétences, les expériences ainsi que la détermination qui leur permettront d’agir individuellement et collectivement pour résoudre les problèmes environnementaux présents et futurs. Dans cette perspective, la sensibilisation des élèves et des parents d’élèves au travers de programmes pédagogiques est notre priorité. En tant qu’acteur-clé de leurs écoles, des « ambassadeurs de l’environnement » sont identifiés parmi les élèves et écoliers pour jouer un rôle central dans ce processus, car à l’école, Il est évident qu’une bonne communication entre camarades est un des gages de la réussite. Ainsi, notre action vise à la fois une éducation pour l'environnement, centrée sur une meilleure prise en compte de l'environnement par un individu "éco-citoyen", et une éducation par l'environnement, centrée sur la personne et qui reconnaît l'environnement comme un terrain particulièrement motivant pour l'apprentissage grâce à la confrontation au réel et à la possibilité de mener des actions individuelles ou collectives. De plus, Les habitants de ces communautés se sont regroupés au sein d’une organisation locale dénommée Comité de Gestion Participative des Forêts (COGEPAF) pour offrir à des visiteurs des prestations touristiques. Nous avons comme guides des femmes au foyer, des agriculteurs, des artisans, des jeunes, etc. Depuis lors, la Lama est un exemple typique de cogestion des ressources naturelles par l’administration forestière, BEES ONG et les populations riveraines.

Maximin DJONDO
Coordonnateur BEES ONG
03 BP 779, Jéricho, Cotonou Bénin
Email : bees@hotmail.fr

www.ecotourismelama.org