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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La 3e session du Congrès mondial de la nature démontre le pourquoi et le comment de la conservation et du développement

Notre dernière question au monde : pourquoi pas ?

Created in 1948, IUCN -- The World Conservation Union brings together 81 States, 114 government agencies, 800 plus NGOs, and some 10,000 scientists and experts from 181 countries in a unique worldwide partnership. IUCN’s mission is to influence, encourage and assist societies throughout the world to conserve the integrity and diversity of nature and to ensure that any use of natural resources is equitable and ecologically sustainable.

IUCN is the world's largest environmental knowledge network and has helped over 75 countries to prepare and implement national conservation and biodiversity strategies. IUCN is a multicultural, multilingual organization with 1000 staff located in 62 countries. Its headquarters are in Gland, Switzerland.

The Congress is the governing body of IUCN – The World Conservation Union. It is held every four years and represents the world’s largest democratic environmental forum where governments and non-governmental organizations (NGOs) jointly establish conservation priorities, guide the Union’s policy and approve its Programme.

The 3rd IUCN World Conservation Congress will be held from 17-25 November 2004 in Bangkok, Thailand, under the theme: “People and Nature – only one world”.

Bangkok, Thaïlande, 25 novembre 2004 (UICN) – Alors que la crise de l’extinction s’amplifie, la 3 e Session de Congrès mondial de la nature a démontré comment des informations fiables et un savoir-faire étendu, une passion profondément enracinée pour la vie sous toutes ses formes et une véritable collaboration avec tous les secteurs de la société peuvent améliorer le bien-être de six milliards d’êtres humains et des 15.589 espèces inscrites à la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées.

Les neuf jours écoulés ont mis en évidence les avantages concrets de l’action en matière de conservation pour la réduction de la pauvreté et la santé de la planète, ainsi que l’efficacité des méthodes et outils qui sont à notre disposition. Face à la disparition, chaque jour, de vastes régions sauvages, les graves pénuries d’eau dont souffre 1,4 milliard de personnes vivant le long des rivières et des fleuves, la fonte des glaciers et des calottes polaires due à une élévation de température de 0,6° C, le mouvement de la conservation lance un appel à la planète : travaillez avec nous à renverser les tendances !

Les participants ont pris connaissance des toutes dernières informations scientifiques, ont été témoins du lancement d’initiatives qui feront date, ont pris part à des débats de haut niveau, ont signé différents accords et voté plus de 100 résolutions sur des thèmes vitaux pour la conservation, allant des organismes génétiquement modifiés (OGM) à la conservation des océans.

« Les décisions prises à Bangkok peuvent avoir un impact sur chacun d’entre nous » déclare Achim Steiner, le Directeur général de l’UICN. « Elles mettent en évidence l’importance de la conservation pour la construction de la paix, l’éradication de la pauvreté, la sécurité de l’alimentation et de l’eau, la santé et la spiritualité et le développement économique. L’ordre du jour mondial de l’environnement, en 2004, est plus qu’un simple manifeste ; c’est une question d’importance mondiale et de responsabilité collective. »

Son Altesse impériale la princesse Takamado, Présidente honoraire de BirdLife International, implore l’humanité de s’attaquer aux causes profondes de l’extinction des espèces et de « réfléchir à l’état du monde comme nous réfléchissons à notre propre santé. »

Cet événement de la conservation a attiré 4 899 personnes de tous les horizons et du monde entier, notamment près de 1000 experts scientifiques parmi les plus éminents, plus de 200 représentants du secteur privé, plus de 40 ministres des Affaires étrangères, de l’Environnement, de l’Agriculture, du Tourisme et de la Pêche, ainsi que des centaines de défenseurs de l’environnement, représentants de communautés et chefs religieux.

Les trois jours du Forum placent la conservation de la nature sur le grand écran planétaire

Le Forum mondial de la nature a fait connaître les réussites de la conservation des récifs coralliens, des zones humides, et du rhinocéros blanc du Sud, a présenté des accords pour une action concrète et récompensé des personnes et des institutions pour leur contribution à la conservation.

« Dans les années 1950 nous annoncions que les ressources naturelles et la diversité biologique montraient des signes de dégradation sérieuse. Aujourd’hui nous avons une foule de preuves irréfutables qui confirment notre hypothèse selon laquelle les ressources de la planète sont exploitées au-delà des niveaux de durabilité. » affirme M. Steiner.

Des résultats scientifiques de pointe

Les derniers résultats scientifiques ont planté le décor pour les débats du Congrès :

  • 15 589 animaux et plantes sont menacés d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées 2004 ;
  • Plus de 300 espèces d’oiseaux asiatiques sont menacés par l’exploitation forestière, l’agriculture et le développement ;
  • Les populations pauvres sont particulièrement tributaires des ressources naturelles qui fournissent parfois 50% du revenu des ménages. L’Asie compte la moitié de la population mondiale et les deux tiers des pauvres. Les différents produits alimentaires et forestiers fournis par la forêt de Sekong, au Cambodge, assurent un revenu de USD 398 à USD 525 par ménage, dans une région où le revenu moyen est de USD 120 ;
  • Bien que 58% des récifs coralliens soient en danger, la protection de ces merveilles marines a fait quelques progrès ;
  • L’état des océans a été examiné une fois de plus, une étude scientifique ayant révélé que la survie à long terme des poissons de récifs tels que les mérous et les labres qui se vendent environ USD 130 le kilo, est menacée par le commerce ;
  • L’Évaluation des écosystèmes en début de millénaire – la plus vaste étude de cette nature à laquelle ont participé plus de mille scientifiques et décideurs éminents – indique que l’intervention humaine n’a été bénéfique que pour 4 des 22 services écosystémiques évalués, tels que l’épuration de l’eau, alors qu’elle en a dégradé plus de la moitié d’entre eux ;
  • Dans 29 cas, notamment pour le marais de Muthurajawela à Sri Lanka et le marais de Luang en RDP lao, les décisions de gestion ont été influencées par la reconnaissance de la valeur monétaire des écosystèmes d’eau douce. Dans les deux cas, les marais fournissent des services d’une valeur équivalente à la valeur de ceux que fournirait une station d’épuration d’une valeur de USD 5 millions ;
  • Les spécialistes de l’énergie qui ont discuté des tendances et des scénarios d’avenir ont conclu que continuer de dépendre des combustibles fossiles n’est pas une solution. Ils ont souligné que moins de 4% des subventions annuelles mondiales à l’énergie, qui s’élèvent à USD 240 milliard, sont attribuées à des sources d’énergie renouvelables alors qu’environ les deux tiers sont consacrés aux combustibles fossiles.

Partenariat pour l’innovation

Au Congrès, la participation du secteur privé a atteint un niveau sans précédent. «  Du dialogue de sourd, nous sommes passé à la collaboration avec les entrepreneurs et le secteur privé. Cela prouve que la diversité biologique et le développement durable sont aussi importants pour le secteur privé que pour nous » a déclaré Joshua Bishop, Conseiller principal de l’UICN.

De nombreuses nouvelles initiatives importantes ont été dévoilées – des actions concrètes pour faire progresser le mandat de l’UICN :

  • Un accord, entre la NASA et l’UICN en matière d’échange d’information ouvre la porte à l’utilisation des données satellites pour faire progresser les efforts de conservation à l’échelle mondiale ;
  • Un don d’Oracle, de USD 3 millions, au Service d’information sur les espèces transformera le processus décisionnel en matière d’environnement grâce à de meilleurs systèmes d’information ;
  • Le secteur privé et celui de la conservation ont pris ensemble l’engagement d’empêcher le réchauffement de la terre au-delà du seuil de 2° C, les incidences de l’augmentation actuelle de la température mondiale de 0,6°C augurant mal de l’avenir de la planète. Les pays en développement subissent actuellement jusqu’à 90% des impacts des changements climatiques ;
  • Le Viet Nam et la RDP lao ont signé publiquement un accord de collaboration en matière de lutte contre le commerce transfrontière illicite des espèces sauvages et des juristes éminents de toute l’Asie ont discuté du renforcement de la coopération ;
  • L’UICN et la Banque asiatique pour le développement (BAsD) ont signé un mémorandum d’accord en vue de renforcer leur collaboration en matière de réduction de la pauvreté et de développement durable ;
  • Une réunion sans précédent des ministres et des représentants de la société civile de la région du Mékong a ouvert le dialogue sur les enjeux des politiques transfrontières sur l’eau et a montré des signes de coopération accrue ;
  • Le ministère thaïlandais des Ressources naturelles et de l’Environnement a souligné qu’il était prioritaire d’élaborer un cadre pour la gestion transfrontière de la conservation.
  • Une coalition d’organisations importantes en matière d’environnement s’est engagée à partager données, informations et connaissances par le biais de l’initiative Patrimoine des connaissances de la nature ;
  • Des entreprises se sont associées aux écologistes pour présenter l’initiative One Planet Living, une proposition visant à créer d’importantes communautés durables, tout en conservant et en restaurant des milliers d’hectares d’habitat forestier et de faune sauvage ;
  • Le National Security Council of Thailand a lancé le plan «forêt-terre-eau», destiné à maintenir la biodiversité, les moyens d’existence et la paix au sein des différentes communautés religieuses de Thaïlande. Au bord du fleuve Palian, dans la province de Trang, 80% de la population vivant en aval est bouddhiste tandis que 90% de la population qui vit en amont est musulmane.

Reconnaissance de l’excellence environnementale

Durant le Congrès, des médailles et des prix internationaux ont été remis à des personnes et des projets pour contribution exceptionnelle à la santé de la planète, notamment :

  • Son Altesse impériale la Princesse Takamado, présidente honoraire de BirdLife International, a remis une médaille d’or de l’UICN à sa Majesté la reine Sirikit de Thaïlande, lors de la cérémonie d’ouverture, pour son appui constant à la conservation ;
  • Le Prix Peter Scott de la commission de l’UICN de la sauvegarde des espèces pour service à la cause de la Conservation de la nature a été décerné à Georgina Mace, Présidente du Comité CSE/UICN pour les Listes rouges ; à David Given, Co-président du Comité CSE/UICN pour la conservation des plantes ; et Mohd Khan b Momin Khan, Président du Groupe de spécialistes des rhinocéros d’Asie ;
  • Le Prix Harry Messel créé récemment pour le leadership en matière de conservation a été décerné à Perran Ross, du Groupe CSE/UICN de spécialistes des crocodiliens et à Patricia Medici, Présidente du Groupe CSE/UICN de spécialistes des tapirs ;
  • Tom Knudson a reçu le Prix Reuters-UICN 2004 qui récompense les meilleurs articles dans le domaine de l’environnement pour son article « State of Denial » publié dans le Sacramento Bee ;
  • Le réassureur Swiss Re a remis la somme de $US 75 000 à un projet de réforme agraire au Vietnam portant sur l’utilisation et la gestion rationnelles des bassins hydrographiques ;
  • Les 7 lauréats du Prix 2004 du reportage sur la biodiversité de Conservation International ont été récompensés pour leurs efforts exceptionnels de sensibilisation du public aux questions environnementales ; et
  • Les bourses destinées à permettre à de jeunes professionnels de participer à des séminaires de formation ont été annoncées par la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN ;

Décisions relatives aux politiques et actions essentielles pour la conservation

L’Assemblée de travail des membres de l’UICN a mis aux voix plus de 100 résolutions et recommandations portant sur des politiques et des actions essentielles pour la conservation. L’UICN :

  • demande un moratoire sur la libération d’organismes génétiquement modifiés ;
  • établit le Réseau mondial d’apprentissage de la conservation, pour renforcer les capacités des professionnels de la conservation et du développement ;
  • oeuvrera à la conservation des espèces de vautours en danger critique d’extinction : le vautour indien (Gyps indicus), le vautour à long bec (Gyps tenuirostris) et le vautour changoun (Gyps bengalensis) en Asie du Sud et du Sud-Est ;
  • poursuit ses activités pour la conservation de la biodiversité dans le bassin de la mer d’Aral gravement dégradé ;
  • mettra en oeuvre, dans le cadre de son Programme et conformément à sa Mission et à sa Vision, des mesures contribuant à la lutte contre la pauvreté par le biais de la conservation de la nature ;
  • traite de la conservation et de la gestion durable de la biodiversité en haute mer ;
  • collaborera avec les populations autochtones, notamment à la gestion et à l’établissement d’aires protégées ;
  • invite la France, l’Italie et la Suisse à inscrire le Mont-Blanc sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ;

Responsables de la conservation

Des centaines de délégués de haut niveau ont pris la parole au Congrès, les morceaux choisis n’ont pas manqué :

Kofi Annan, dans un discours lu par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, Kim Hak-Su a souligné l’importance du Congrès, se félicitant de son choix quant aux moyens de réaliser l’Objectif de développement du millénaire des Nations Unies sur la durabilité environnementale « chaque pays, et chaque individu a la responsabilité de changer – de passer d’une ère d’exploitation à une éthique de la gestion avisée. Nous avons la science et les technologies vertes pour nous mettre à l’œuvre dès aujourd’hui. »

Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la paix, dans un discours vidéo, a invité les participants au Congrès à partager l’honneur de son Prix et à diffuser le message sur l’importance pour la paix de la gestion durable, de la bonne gouvernance et de l’équité en matière d’environnement.

« Je suis particulièrement ravi que les tables rondes de haut niveau aient fourni aux ministres et à d’autres acteurs clés l’occasion de se réunir et de réfléchir à notre avenir. Les tables rondes sur le Mékong et sur l’environnement en Asie ont été très intéressantes pour la Thaïlande et ses voisins  » a déclaré Son Excellence Suwit Khunkitti, ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement de la Thaïlande.

Luc Hoffmann, qui a reçu la médaille John C. Phillips, a déclaré : « On peut considérer l’UICN comme la voix légitime d’une société civile sérieusement préoccupée par l’état de notre planète. »

« L’ampleur de cet événement a dépassé toutes les attentes. Ce Congrès a renforcé le rôle rassembleur de l’UICN. Il a clairement précisé l’orientation de la conservation pour les années à venir – gestion des écosystèmes, perte de biodiversité, pauvreté et moyens d’existence, » a dit Achim Steiner.

Le court métrage du chanteur Sting a confirmé que le thème du Congrès Nature et société – un seul monde, « l’a touché en tant qu’artiste » et a fait ressortir la responsabilité de l’homme vis-à-vis de toutes les espèces et des générations futures.

Dans ses remarques de clôture, le nouveau Président de l’UICN, Valli Moosa, a déclaré : « Il faut que nous engagions, mobilisions et atteignions davantage de personnes - jeunes, vieux, pauvres, citadins, ruraux, scientifiques ou grand public. C’est de la diversité que nous tirons notre force, notre rôle, et notre autorité morale sans égale. »

Pour tout renseignement complémentaire, contacter :

Xenya Cherny, responsable UICN des relations avec les médias,
mobile en Thaïlande: +66 (0) 1 250 0660; Tél.: +41 22 999 0127;
mobile en Suisse: +41 (0) 79 729 0924, Fax: +41 22 999 0020;
courriel: xec@iucn.org ; www.iucn.org

Elroy Bos, Responsable UICN de la communication,
mobile en Thaïlande : +66 (0) 250 0670 ;
Tél : +41 22 999 0251 ;
courriel : elroy.bos@iucn.org ; www.iucn.org

   
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