L’augmentation des assassinats de gardes forestiers appelle à un renforcement des lois

29 July 2014 | News story

Alors que les braconniers sont responsables de plus de la moitié des décès de gardes forestiers au cours des deux dernières années, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la Fédération internationale des gardes forestiers (IRF) appellent à un durcissement de la position contre la criminalité liée aux espèces sauvages dans le monde, alors que la Journée mondiale des gardes forestiers sera célébrée le 31 juillet.

Cinquante-six gardes forestiers ont perdu la vie en faisant leur devoir au cours des 12 derniers mois, dont 29 ont été assassinés par des braconniers, selon les dernières informations publiées aujourd’hui par la Fédération internationale des gardes forestiers, qui comptabilise les morts des gardes forestiers depuis 2000. L’année dernière, le nombre de décès s’est élevé à 102, dont 69 attribués aux braconniers et miliciens.

Alors que de nouveaux décès sont rapportés chaque semaine, il convient de souligner que ces chiffres ne représentent que les décès confirmés dans les quelques 35 pays qui rapportent de façon volontaire leurs données à la Fédération internationale des gardes forestiers. Il est fort probable que le chiffre réel des gardes forestiers tués en faisant leur devoir soit deux à trois fois plus élevé.

« Les gardes forestiers sont les gardiens des biens naturels les plus précieux de notre planète, et il est inquiétant de savoir que tous les jours, lorsqu’ils vont au travail, leurs vies sont mises en danger par la cupidité et la cruauté humaines » a déclaré Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Sans une réelle protection, une application correcte des lois et un solide réseau de soutien pour ces héros invisibles de la conservation, nos efforts pour protéger la vie sauvage sont une cause perdue. Toute action en faveur de la conservation doit commencer en soutenant ceux qui mettent leur vie en danger pour protéger la nature tous les jours. »

Presque 60% des gardes forestiers tués cette année sont originaires d’Asie, et en majorité d’Inde. L’Inde, la Thaïlande, le Kenya et la République démocratique du Congo (RDC) ont connu la plus forte augmentation d’assassinats de gardes forestiers perpétrés par des braconniers ces dernières années. Les zones riches en ivoire, corne de rhinocéros, bois de santal, bois de rose et autres ressources précieuses sont les plus touchées. Dans le seul Parc national de Virunga en RDC, près de 140 morts de gardes forestiers ont été rapportées au cours des 15 dernières années.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les niveaux élevés de violence dont sont victimes les gardes forestiers, et par le nombre alarmant d’assassinats » déplore Sean Willmore, Président de la Fédération internationale des gardes forestiers. « C’est une bonne chose que la communauté mondiale se sensibilise lentement à ce problème, cependant nous devons transformer cette prise de conscience en action utile sur le terrain, et nous assurer que le travail dangereux réalisé par les gardes forestiers pour protéger nos précieuses espèces sauvages bénéficie du soutien et du respect qu’il mérite. C’est le principal défi qui nous attend. »

La Fédération et son organe caritatif, la fondation The Thin Green Line, offrent des équipements et des formations aux gardes forestiers, et soutiennent les familles des gardes forestiers décédés, en offrant des soins de santé, une éducation et un emploi à leurs veuves et aux orphelins de ceux-ci.

« Le travail de la Fédération internationale des gardes forestiers est crucial pour offrir aux gardes forestiers le soutien dont ils ont besoin pour faire leur travail, qui est aujourd’hui l’une des professions les plus dangereuses au monde » affirme Trevor Sandwith, Directeur du Programme mondial de l’UICN sur les aires protégées. « Nous devons nous assurer que cette aide est largement soutenue par les gouvernements et la communauté internationale, et que des législations plus sévères et efficaces sont mises en place pour empêcher que les tragédies ne se répètent. Des efforts doivent également être faits pour traiter les problèmes à la source lorsque la demande des consommateurs est à l’origine des problèmes. »

En Afrique du Sud, où plus de 1 000 rhinocéros ont été tués en 2013, un braconnier de rhinocéros a récemment été condamné à 77 ans de prison – probablement la plus lourde peine jamais infligée dans le domaine des crimes liés aux espèces sauvages.

La taille et l’impact du commerce illégal d’espèces sauvages, et les nouvelles approches pour le combattre, et notamment les stratégies efficaces pour combattre le braconnage et les délits associés, seront débattus lors du Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014 qui aura lieu du 12 au 19 novembre à Sydney, Australie.

Citation à l'appui:
"Aujourd'hui les braconniers n'hésitent plus à tirer sur les écogardes de nos aires protégées," a dit le Président du Gaon Ali Bongo Ondimba, Patron du Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014. "Plusieurs gestionnaires de la faune dans certains pays sont engagés dans une guerre de brousse aussi intense, que redoutable et mortelle que tout autre conflit moderne."

• Plus de 1 000 gardes forestiers ont été tués dans le monde et un nombre encore plus important ont été blessés au cours des 10 dernières années.
• 1 004 rhinocéros ont été tués en 2013 en Afrique du Sud : un chiffre record. L’Afrique du Sud abrite 83% de la population mondiale de rhinocéros africains. Par ailleurs, 343 arrestations liées au braconnage de rhinocéros ont été réalisées cette même année.
• Plus de 20 000 éléphants ont été tués illégalement en Afrique au cours de la seule année 2013.
• Les gardes forestiers en Ouganda, RDC et au Rwanda ont été directement responsables de l’augmentation de la population de gorilles des montagnes, risquant leurs vies pour garantir la survie de cette espèce classée En danger critique d’extinction.
• Les gardes forestiers de la communauté Maasai, au Kenya, ont aidé à accroître la population locale de lions sur leurs terres communautaires, laquelle est passée de 6 à 70 individus.

Plusieurs événements auront lieu dans le monde pour marquer la Journée mondiale des gardes forestiers, notamment en Afrique du Sud, en Australie et en Thaïlande. Des messages de soutien aux gardes forestiers arrivent du monde entier – citons par exemple celui de S.A.R. le duc de Cambridge le prince William et de S.A.S. le prince Albert II de Monaco.

Un kit électronique, comprenant les messages de S.A.R. le duc de Cambridge le prince William, de S.A.S. le prince Albert II de Monaco, de Mme Jane Goodall, ainsi que la liste d’honneur des gardes forestiers décédés cette année est disponible ici.

Les Dialogues avec les leaders mondiaux – des débats de qualité organisés lors du Congrès mondial des parcs de l’UICN à Sydney – comprendront une session appelée « La nature du crime », où seront débattues l’efficacité des stratégies d’exécution pour combattre le braconnage des espèces sauvages et les délits associés. Citons parmi les orateurs des Dialogues avec les leaders mondiaux : le Président du Gaon Ali Bongo Ondimba, le ministre australien de l’Environnement Greg Hunt, le Secrétaire général de la CITES John Scanlon, la Directrice de l’Agence d’investigation environnementale Mary Rice et le Président de l’IRD Sean Willmore. Le débat sera modéré par le journaliste Kenyan Jeff Koinange, vainqueur d’un Emmy award.

Pour plus d’informations ou pour organiser des interviews, veuillez contacter :
Ewa Magiera, Chargée des relations avec les médias, portable +41 76 505 33 78, ewa.magiera@iucn.org
Danielle Henry, Responsable australienne des médias et relations publiques, Congrès mondial des parcs de l’UICN, portable +61 4 77 718 738. Danielle.Henry@environment.nsw.gov.au

 


Bengal Tiger being Released into the wild from a boat in the Sundarbans