Conservation : le rêve et la dure réalité

25 June 2012 | Article

La communauté internationale doit en faire beaucoup plus pour préserver les lieux naturels les plus exceptionnels de la planète : les sites du Patrimoine mondial. C’est le message que les experts de l’UICN vont porter à Saint-Pétersbourg lors de la session du Comité du patrimoine mondial qui s’ouvre le 24 juin.

En effet, un grand nombre de sites inscrits sur la prestigieuse Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO n’ont pas les ressources nécessaires à une bonne gestion et à la conservation des valeurs exceptionnelles qui ont motivé leur inscription. De nombreux sites font face à de graves menaces, notamment en raison de la prospection pétrolière et minière.

Cette année, la Convention du Patrimoine mondial fête son 40e anniversaire. Tous les projecteurs seront braqués sur les résultats de la Convention en matière de préservation de sites emblématiques, comme la Grande Barrière de corail ou le Parc national du Serengeti.

La préservation des sites du Patrimoine mondial est une responsabilité partagée qui nécessite la coopération internationale et une plus forte implication des populations locales, dit l’UICN, organe consultatif de l’UNESCO pour les sites naturels.

« Les sites du Patrimoine mondial représentent notre patrimoine partagé; nous avons le devoir collectif de les préserver, pour les générations actuelles et futures. Pour y parvenir, il faut prendre des mesures immédiates pour répondre à des menaces qui vont s’aggravant, et s’assurer du bon fonctionnement de la protection et de la gestion sur le terrain. Les gouvernements nationaux doivent assumer davantage de responsabilités pour les sites du Patrimoine mondial, et la communauté internationale doit renforcer l’appui qu’elle leur apporte par le biais de la Convention », dit Tim Badman, Directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN. « La participation des populations locales est un élément vital pour la conservation des sites du Patrimoine mondial. »

« La prospection minière et pétrolière est en train de porter atteinte à de nombreux sites de façon irréparable », ajoute-t-il. « Les plans de prospection pétrolière au Parc national des Virunga, qui héberge le gorille des montagnes en danger, représentent une grave menace pour la riche biodiversité de cette région, ainsi que pour les populations qui dépendent du Parc pour leurs moyens de subsistance. »

Cette année, l’UICN recommande l’inscription de quatre sites naturels exceptionnels sur la Liste du Patrimoine mondial: le Paysage Trinational de la Sangha, partagé par le Cameroun, la République Centrafricaine et la République du Congo; les lacs d’Ounianga au Tchad, le site fossilifère de Chengjiang en Chine et le lagon sud des îles Chelbacheb à Palaos.

L’UICN présentera également des rapports sur des missions de suivi qu’elle a effectuées sur plusieurs sites du Patrimoine mondial. Elle recommandera l’inscription de la Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie), des Forêts vierges de Komi (Fédération de Russie), de la Réserve de faune du Dja (Cameroun) et des Parcs du lac Turkana (Kenya) sur la Liste du Patrimoine mondial en péril en raison de menaces importantes à leur valeur universelle exceptionnelle.

Du 24 juin au 6 juillet, nous informerons en direct de Saint-Pétersbourg, avec des nouvelles, des blogs et des interviews.